La ballade du confiné

Auteur : Anne Polombo

Chanson sur une mélodie de Gabriel Fauré – Détournement du poème de Sully Prudhomme, « Au Bord de l’eau »


Au bord de l’eau
– Sully Prudhomme

S’asseoir tous deux au bord du flot qui passe,
Le voir passer ;
Tous deux s’il glisse un nuage en l’espace,
Le voir glisser ;
À l’horizon s’il fume un toit de chaume
Le voir fumer ;
Aux alentours si quelque fleur embaume
S’en embaumer ;
Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;
Si quelque oiseau, dans les bois qui l’écoutent,
Chante, écouter…
Entendre au pied du saule où l’eau murmure
L’eau murmurer ;
Ne pas sentir tant que ce rêve dure
Le temps durer ;
Mais n’apportant de passion profonde
Qu’à s’adorer,
Sans nul souci des querelles du monde
Les ignorer ;
Et seuls tous deux devant tout ce qui lasse
Sans se lasser,
Sentir l’amour devant tout ce qui passe
Ne point passer !

 

Au bord du seau  – Anne Polombo

S’asseoir tout deux dans un petit espace
Ne rien voir passer
Tous deux dans notre canapé biplace
Jamais n’en bouger
De la journée ne voir personne
Rester confinée
On espère juste sortir du Home sweet Home
Non-embaumé.
Entendre auprès de nous les voisins sourds
Si fort crier
Trop bien sentir tant que ce rêve dure
Le temps durer !
Et m’emmène en dépression profonde
Devant la télé
Sans nul souci des Covid du monde
Les ignorer.
Et seuls tous deux dans ce petit espace
Sans se tasser
Sortir faire les courses et porter un masque
Désinfecter
Chercher l’humour dans tout ce qui se passe
Ne point trépasser !

 



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2 Commentaires

  1. Vincent dit :

    C’est vraiment super ! Très bien chanté, le texte est très drôle, une bien belle adaptation ! Bravo !

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