Bubble rejoint l’UNC

Auteur : Compagnie Jabberwock

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Décret n° 2020-0705

Vu le Décret n° 2020-0517 relatif à la création du l’UNC ;

Vu le Décret n° 2020-0502 relatif au recensement des Confi-nations ;

Il est attribué ce jour, et pour la durée du projet Expoconfinement, un Passe-Porte de l’Union des Nations Confinées à Bubble ;

Ce Passe-porte permet de circuler librement au sein de l’UNC, y compris au-delà du périmètre défini par un cercle d’un rayon de 100 km autour de chaque confi-nation, et de jouir de toutes les prérogatives accordées aux membres de l’Union.


BUBBLE

Devise de Bubble : “ Un jour de pluie est aussi beau qu’un jour de soleil, ils existent tous deux, chacun sa façon. ” – Fernando Pessoa

Au départ de cette micro-nation, il y a moi, Alyssia, 27 ans. Féministe depuis que je suis née sans le savoir, en marche pour fêter mon 8ème mois de végétarisme, acheteuse compulsive de tout ce qui rentre dans un bocal et ne génère aucun déchet, dévoreuse de livres parlant de sexisme, d’écologie, de manipulation, d’égalité etc. et fervente admiratrice de Pessoa. Je suis tout ça. Et pourtant, pour beaucoup de monde, “tout ça” se résume en un mot: “bobo”, ou pire : “femme”.
Eh oui, pour certain ces combats là sont réservés à un cliché social ou aux femmes. Quand moi j’essaye simplement d’avoir du respect pour l’existence.
Quel est le sens de l’existence ? Encore faut-il savoir ce que signifie « existence ». Selon le Larousse, l’existence est le fait d’exister, avoir une réalité. Être un être vivant. On parlera “d’être vivant” au sujet de tous les organismes vivant sur Terre. Tous. Cessons l’anthropocentrisme. Pour moi le sens de mon existence, le sens premier, celui pour lequel je me bats chaque jour, est de respecter toutes les autres formes d’existences. Tenter d’être la plus humble possible, respecter le monde qui m’entoure, les gens, la vie. Être égalitaire.

A partir de là, moi je m’interroge : Pourquoi y a t il des hiérarchies dans l’existence ? Pourquoi certaines existences sont-elles dominantes ? Qui a hiérarchisé la vie ? Certain appellent ça la chaîne alimentaire, d’autres « la loi du plus fort ». Je pense pour ma part que ce sont simplement des prétextes à l’irrespect. Il n’y a pas de sous-existence, nous ne sommes pas moins ou plus intéressant qu’un autre. Bien sûr l’Homme n’a pas la même place qu’une autre espèce animal dans l’écosystème, mais pourquoi l’Homme serait-il plus important ? Pourquoi l’Homme pourrait-il mettre ses besoins avant ceux d’autres espèces terrestres, même avant ceux d’autres Hommes ?

De quel droit l’Homme se permet-il d’anéantir la faune, la flore, d’autres Hommes, avec pour seul prétexte : ses privilèges ? De quel droit l’Homme se permet il d’anéantir d’autres existences ? Paul Claudel à dit: “Qui hait l’être, hait sa propre existence.” Oui, Qui ne respecte pas l’être ne peut pas demander d’être respecté. 

Aujourd’hui, le monde humain se confine, la fulgurance humaine s’arrête, l’Homme s’affole et s’inquiète de son économie future, mais… Les eaux se purifient, les animaux se réapproprient leurs habitats, la terre respire, même l’Homme se reconnecte avec son espèce. Beaucoup d’inégalités sont encore à combattre, mais j’ai de l’espoir. La solidarité pointerait elle le bout de son nez ? Ou bien l’Homme va t-il s’empresser de reprendre ses privilèges ?

Voilà le but de ma micro-nation: Respecter ce qui existe.

 


Hymne de Bubble : Ici, tu es chez toi.  Ici, je suis chez moi. Ici, il n’y aura pas de rivalité. Nous sommes chacun une individualité extrêmement riches qui enrichira le nous. Ici, tout ce qui est vivant est une bénédiction. Ici, tu ouvres ton esprit. Ici, tu fais de ton mieux. Ici, tu es chez toi. Ici, je suis chez moi.

Organisation générale : Chacun s’engage à donner le meilleur de lui même pour participer à la vie harmonieuse de la confi-nation. Chacun est maître du bon fonctionnement. Pas de dirigeant. L’organisation est importante pour le bon équilibre : chaque chose à sa place, s’organiser est important. Mais il n’y a pas d’obligation, pas de dictature de l’ordre. Si nous nous appliquons à l’idée globale de la confi-nation, le respect de l’autre est primordial et l’organisation se tournera autour de ce principe : Je ne suis pas là pour nuir à autrui, mais pas non plus là pour me soumettre à lui. Chacun doit accepter sa place, le rôle qu’il.elle prendra dans la micro-nation, selon ses volontés et ses capacités.
Si un membre membre de Bubble a une requête, celui ci pourra en faire part : ensemble, les membres de la micro-nation s’adapteront pour que les choses bougent et avancent.

Superficie totale : 51m2

Nombre d’habitants : Au départ il y a une volonté, une envie que je nourris. Changer de comportement. Ralentir. Comprendre davantage mes actions, les conscientiser pour les améliorer ou les renforcer. Ne pas me laisser aller dans une vague que je ne maîtrise pas. Au départ j’étais seule à bâtir ma micro-nation. Puis nous avons été 2, puis 3. Pour ensuite revenir à 2. Maintenant il n’y en a plus qu’un. Dans quelque jour il y en aura de nouveau 2, et quelques jours plus tard 4 d’un coup. Puis deux. Et ainsi de suite. Le nombre d’habitant est constamment en mouvement car chacun vient prendre ce qu’il a à prendre dans cette micro-nation. Chacun vient apporter un nouveau regard, une nouvelle pensée, chacun vient nourrir le décret. Oui car un décret figé est un mauvais décret.

Langue officielle : Aucune.

Langue comprise par tous actuellement : Français.

Quartier principal : Le rebord de la fenêtre. Regarder le monde bouger. Regarder d’en haut le monde d’en bas pour mieux le comprendre. Ecouter la ville silencieuse. Observer la vie se calmer. Réapprendre à lever les yeux, regarder le ciel. Trouver des formes dans les nuages. Avoir le nez dehors pour comprendre ce qu’il s’y passe.

Manifestations sportives : “Un esprit sain dans un corps sain” dit-on. Je suis d’accord, sans l’être. Je suis pour appliquer une hygiène de vie qui nous permettra une bonne santé mais je ne suis pas pour la course à la perfection. La course au bonheur qui fleurit depuis quelques années. Les choses ne sont pas si simple. Je fais pour ma part en moyenne du sport 5 fois par semaine. Le sport m’aide à libérer mon esprit, à écouter davantage mes besoins, à me réapproprier un corps que j’ai oublié trop longtemps. Je fais du sport pour moi et non pour les autres. L’esprit sportif qui nous pousse chaque jour à aller un peu plus loin me porte depuis mon enfance. Le sport à toujours eu une grande importance pour moi. Mais je ne comprends que depuis cette année la manière dont j’ai envie de le faire. Le sport peut nous pousser à développer un esprit de compétition qui ne me convient pas. Je ne suis en compétition contre personne. J’essaye simplement d’être la mieux avec moi même. Au sein de la micro-nation, chacun voit le sport de sa propre manière mais la règle numéro 1 est : ne jamais se comparer au voisin. Certains membres n’en font jamais, d’autres préfèrent une séance intensive par semaine, ou un sport plus doux comme le yoga.

Manifestations culturelles : La culture à une place importante dans cette confi-nation. Non pas par simple divertissement, même si le divertissement est essentiel, mais surtout pour s’enrichir. Bubble a déjà vu naître plusieurs projets vidéos : 1 clip, 1 chanson, 3 vidéos humoristiques. La volonté était de faire passer un message tout en restant léger. Traiter avec humour un évènement.

 


Un atelier d’écriture est né chaque semaine avec des participants en ligne.

Règle de l’atelier d’écriture :

  • Papier-stylo (c’est vraiment mieux, parce qu’on peut moins revenir en arrière, et que le rythme d’écriture est meilleur pour la manière dont on va aborder la chose, en fait) ;
  • Un minuteur (chaque exercice aura un numéro et une durée : au bout du temps imparti, on lâche le stylo.)
  • Un paquet de cartes : choisissez une couleur (pique, coeur, carreau ou trèfle), et prenez toutes les cartes de cette couleur, du 2 à l’As. Mélangez votre jeu et gardez-le face caché à côté de vous. Ces cartes nous serviront pour certains exercices.

Surtout : pas de jugement. C’est super important, faut pas revenir en arrière, pas se juger sur ce qu’on vient d’écrire, ou sur la phrase qu’on est en train d’écrire. Etre à l’écoute des phrases, apparemment aléatoires, qui surgissent à l’intérieur de nous, et même si elles n’ont l’air de faire aucun sens avec ce qu’il y a déjà : les écrire et les prendre pour acquises, rebondir dessus. Écrire sans arrêt, pas se poser pour réfléchir en regardant en l’air, etc. Ready ?

Exemples de textes écrits durant les ateliers :

#1 – consigne: inventer la penser d’un personnage /  Temps : 10 min

“Rengaine. Encore. La même. Rengaine. Toujours. C’est pas que ça me dérange, c’est juste que… et puis non. En fait moi aussi je rumine. Toujours. C’est pas que… enfin peut-être que si après tout ! Hier encore je me disais … Non c’était samedi ! Oui. Je crois. Peut-être. C’était quand j’ai fait des brocolis. Jeudi alors. Ah oui jeudi. C’était avant vendredi mais après mercredi. Oui. Voilà. Jeudi. Je me suis dit… j’ai pensé plutôt, parce que je ne me suis pas parlé à moi même, ça m’arrive mais pas jeudi. Non, j’ai juste pensé que, peut-être… si jamais c’était possible… peut-être qu’on devrait… Enfin que JE devrais, oui plutôt : que je devrais… je n’ai surement pas parlé à ta place… non, ça serait étonnant… car… car je ne sais pas. Je n’ai jamais su d’ailleurs. SI ! Une fois ! ah oui, la fois où… ah oui, j’ai tellement ri la fois où tu me l’as dit… et moi, j’ai su ! C’était marrant. J’y pense souvent à ce jour, mais bon. Là, jeudi… je ne pouvais pas savoir. Je ne me suis pas dit “on devrait” mais plutôt “je devrais”. Même je dois ! Oui là il faut que ça devienne une obligation, un devoir. Il faut le faire, j’ai pensé “il faut le faire” ! Je m’en souviens parfaitement. J’étais dans ma cuisine, et j’avais mon couteau à poisson. J’avais mon couteau à poisson pour le brocolis. Il coupe bien. C’est vrai que normalement c’est le couteau à légumes qu’il faut utiliser. Mais celui à poisson, parce qu’il a des stries sur la tranche, celui ci, il coupe bien. C’est les stries. Sur la tranche. C’est forcément ça car je ne vois pas de différence avec le couteau à viande. C’est le même. Que celui à légumes. Alors que le poisson, non. Il a les stries, sur la tranche. Et il coupe bien. Je me dis toujours “il coupe bien. Le couteau. A poisson.”

#2 – Consigne : Commencer par “Je ne suis vraiment pas prêt(e) pour ça.” puis au bout de 5 min intégrer dans l’ordre voulu les mots : “Courir courir courir”, “Un démon”,“C’est la haute mer”,“Et depuis c’est toujours la même chose”,“C’est ce qu’il veut me faire croire” / Temps : 15 min

“Je ne suis vraiment pas prête pour ça. Toi. Moi. Là. Eux. Ah. Je ne suis vraiment pas prête pour ça. Devoir en plus de ça plonger mes orteils dans ce pédiluve imbibé de javel, essayant de détruire toutes bactéries, champignons se trouvant sur son passage. Vraiment ? Là ? Plonger mes pieds dedans ? Avant de rejoindre un bassin rempli d’imbéciles heureux: fiers de tenir en planche, le bide à l’air. Non. Je ne suis vraiment pas prête ça. Pourquoi ai-je cru mon thérapeute quand il affirmait les bienfaits de la balnéothérapie ? FOUTAISES. Oui foutaises. C’est ce qu’il veut me faire croire. Il veut rentabiliser ses actions chez Décathlon. J’ai tout acheté : Bonnet en latex aérodynamique pour fendre l’eau, FOUTAISES. Maillot une pièce pour galber mon cul affaissé, FOUTAISES. Serviette micro-fibre qui te râpe les épaules et tongs qui te cisaillent l’entre-doigt de pied. Avant ça, c’était alpinisme pour me faire sortir de mon état de dépression permanent. Escalade, marathon, équitation, escrime, pilates. Direction Décathlon ! Et depuis, c’est toujours la même chose. C’est la haute mer. Le néant. Le vide. Le grand bleu. Aucune perspective d’apaisement, mon compte en banque se vide chez un vendeur de bicyclettes. Foutue bicyclette. A 6 ans, première tentative sans les roulettes. Deux roues, une pente, perte des incisives. Les quatre. D’un coup. Foute bicyclette. Invention du démon. Petit pervers rouge, se dandinant la queue à l’air pour t’enfourcher le cul. Si vous le voyez, un conseil : courir courir courir.

Là … je ne suis vraiment pas prête pour ça.”

 


Patrimoine gastronomique de Bubble : Règle d’or : végétarisme + biologique + respectueux.

  • La nourriture de la confi-nation sera à 80% cuisinée sur place.
  • Utiliser un maximum de matière première achetée en magasin biologique ou directement chez le producteur. Favoriser autant que possible le circuit court. Et de préférence sans emballage.
  • Tout est mis à disposition dans la confi-nation pour avoir recours à un minimum de plastique : Sac à légumes réutilisable, bocaux en verre pour les aliments en vrac, cabas en tissu. Actuellement un panier de la micro-nation est composé d’environ 70% de « sans déchets ».

Beaucoup d’essais culinaires, pour faire diminuer la pénurie de pâtes industrielles et redonner vie aux brocolis. Des essais de tout genre pour favoriser la diversité :


 

Rituels de la confi-nation : “Quoi que dit des milliards de fois, je-t-aime est hors dictionnaire : sa définition ne peut excéder l’intitulé. Il n’a de sens qu’au moment où je le prononce et il n’y a en lui aucune autre information que son dire immédiat : tout est dans le jeté. C’est une formule qui ne correspond à aucun rituel : les situations où je dis je-t-aime ne peuvent être classées : je-t-aime est irrépressible et imprévisible.” Fragments d’un discours amoureux – Roland Barthes

Recours au discours juridique (certains mots sont-ils proscrits ou au contraire encouragés ?) : La micro-nation s’applique à exercer la tolérance. La tolérance dans ce qu’elle a de plus complet. Chaque être est multiple, chaque être peut évoluer. Toute forme de discrimination est à proscrire. Toute forme d’exclusion. Toute forme de privilège doit être reconnu. L’échange est primordial pour réussir à avancer et à comprendre ce qui nous entoure. Nous invitons chaque membre de la micro-nation à se questionner sur ses positions et à essayer de les examiner. Pourquoi je pense cela ? Est-ce mon opinion, ou bien celle de quelqu’un d’autre ? Suis-je en accord avec mes pensées ? Toutes ces questions sont légitimes et amènent à une ouverture d’esprit plus saine que de simplement se dire “c’est ainsi”.


 

Afin de faciliter la compréhension des valeurs intrinsèques à Bubble et à ses habitantss, les hautes instances culturelles préconisent la lecture de nombreux ouvrages, ainsi que l’écoute d’une kyrielle de chansons et d’albums musicaux.

Livres :

  • Actions scandaleuses et rébellions quotidiennes / Gloria Steinem
  • Bad Feminist / Roxane Gay
  • Zéro déchet / Béa Johnson
  • Lettre à la fiancé / Pessoa
  • Lait et miel / Rupi Kaur
  • Tant pis pour l’amour / Sophie Lambda
  • Fragments d’un discours amoureux / Roland Barthes
  • La mécanique du coeur / Mathias Malzieu
  • Van Gogh le suicidé de la société / Antonin Artaud

Musiques :

  • Big God / Florence and the machine
  • Hey Ma / Jimmy Cullum
  • Dorian / Agnès Obel
  • Zoulou Tchaing / PNL
  • Utopia / Rilès
  • Lovely / Billie Eilish

 

Décrets majeurs de politique intérieure :

Article 1 – La micro-nation Bubble n’est pas le modèle parfait ! Ses membres ne doivent pas se proclamer au dessus des autres. Les décrets et actes suggérés par la micro-nation sont en constante évolution pour permettre une grande ouverture d’esprit. Le respect est le seul mot que l’on doit s’efforcer de mettre en application.

Article 2 – La micro-nation Bubble ne veut convaincre personne.

Article 3 – Chacun est libre de penser, vivre, aimer à sa manière. Mais toujours de façon à respecter l’autre. Chaque être vivant doit être respecté.

Article 4 – Chaque membre de la micro-nation Bubble s’engage à se questionner sur le monde. Son monde à lui et/ou le monde des autres. Chaque jour il.elle se questionnera sur ce qui bloque, freine, fait régresser la vie.


 

Décrets majeurs de politique extérieure :

Article 1 – Tous les décrets qui s’appliquent à l’intérieur de la micro-nation Bubble doivent s’appliquer à l’extérieur.

Article 2 – Chaque membre de Bubble doit respecter les droits des personnes ne faisant pas partie de la micro-nation. Le jugement de valeur n’est pas permis, la non-tolérance est proscrite. Il est important d’ouvrir son esprit et d’accepter ce qui ne nous ressemble pas.

Article 3 – Si un membre de la micro-nation Bubble est face à une situation qu’il.elle trouve injuste, discriminatoire, déplacée, dangereuse, il est en mesure d’intervenir et exposer son point de vue. Mais il ne pourra pas imposer sa façon de penser, il ne pourra pas imposer ses volontés, quand bien même pour lui une situation est en désaccord avec ce qu’il vit au sein de la micro-nation.

Article 4 – Les membres de la micro-nation Bubble sont encouragés à parler de leur point de vue ouvertement, même s’ils font face à des critiques ou des reproches. Il est très important de libérer la parole, mais toujours sans aucun but de convaincre ou de critiquer une personne qui n’est pas d’accord. Le respect commence par accepter que différents point de vue existent.

Bubble (c) AD